Les habitants de deux hameaux des Alpes-Maritimes vivent un calvaire depuis cinq mois. En avril dernier, une route s'est effondrée à Sospel, près de Menton. Elle a été coupée net, emportée par un éboulement gigantesque: 200 mille mètres cube de terre se sont effondrés.
Selon les experts, il est impossible de la reconstituer sans risque et il faut donc construire une nouvelle route. En attendant, les habitants de hameaux isolés de ce village n'ont d'autre choix que de marcher, pour aller travailler, faire leurs courses ou encore descendre leurs poubelles.
Chaque matin, Florence s'équipe. Chaussures de randonnée, gilet orange réfléchissant, sacs sur le dos… Contrairement aux apparences, elle ne part pas en randonnée. Il est 5h du matin et elle se rend à son travail. Avec son amie et voisine Dorothée, elle entame une marche d'une demi-heure sur un sentier escarpé et parfois étroit.
"C'est pas évident de descendre la nuit"
"C'est vraiment pas évident de descendre de nuit. On n'y voit pas grand chose", déplore l'une d'elles en marchant entre les arbres.
Avant que leur village ne soit coupé du monde, Florence, restauratrice du patrimoine et Dorothée, agent hospitalier, n'avaient qu'à prendre leur voiture et rouler 10 minutes. Désormais, elles marchent longuement, avec des sacs bien remplis, comme les 43 autres habitants des quartiers isolés du village de Sospel.
"On descend nos affaires de la journée, nos affaires de travail, les poubelles", énumère Florence au micro de BFMTV.
Les habitants se sont organisés. En bas du chemin, ils ont par exemple installé une pièce commune où ils peuvent entreposer des affaires.
"C'est vrai que c'est joli, mais tous les jours pour aller travailler, non"
"Ça c'est le container où on stocke la nourriture, tout ce qui n'est pas périssable, et qu'on n'a pas forcément envie de remonter le jour même", explique Dorothée.
A 14h30, celle-ci a fini son travail et doit désormais remonter à pied. "C'est de la vraie randonnée!", fait-elle valoir. "C'est vrai que c'est joli, c'est agréable", concède-t-elle, "mais tous les jours, pour aller travailler, non".
Elle devra pourtant encore marcher pendant plusieurs mois. Selon la préfecture, la nouvelle route ne devrait voir le jour qu'au printemps.